Les frères tabourins

 

Le faubourg Saint-Antoine, quartier remuant et populeux à l'ombre de la Bastille, connut au XVIIIe siècle une expérience originale d'enseignement janséniste en milieu populaire. C'est en 1711 que Charles Tabourin, un religieux janséniste, fonda sur la paroisse Saint-Etienne du Mont des écoles de charité, établissements d'enseignement gratuit pour les pauvres, dans la même veine de celles qu'avait créées Jean-Baptiste de La Salle. En 1713, à l'initiative de Jean-Baptiste Goy, curé de la nouvelle paroisse de Sainte-Marguerite qui venait d'être érigée dans le faubourg Saint-Antoine, les écoles furent transférées rue de Lappe. 

La rue de Lappe, dans le faubourg Saint-Antoine, fut le foyer à partir duquel rayonnaient les frères tabourins au XVIIIe siècle

La rue de Lappe

 

A cet endroit fut  non seulement mise en place une grande école de charité mais aussi une sorte d'école normale d'instituteurs qui essaimèrent bientôt tant dans le diocèse de Paris qu'en Province. Protégées par un certain nombre de grands personnages, notamment par les gestionnaires de la Boîte à Perrette, les écoles, qui avaient pris le nom de Société des frères des Ecoles chrétiennes du faubourg Saint-Antoine, connurent un grand succès et policèrent les moeurs de la population du faubourg, à tel point que le lieutenant de police pouvait déclarer vers 1750 qu'elles lui permettaient d'économiser 30000 francs en maintien de l'ordre par rapport à son prédecesseur. Ces instituteurs furent surnommés "frères tabourins" (ou frères Tabourin) du nom de leur fondateur.

A cause des soubresauts de la Révolution, les écoles durent fermer en 1794 et c'est en 1802, à l'initiative du baron Camet de La Bonnardière qu'elles furent rétablies sur la rive gauche. Elles connurent un certain succès au cours du XIXe siècle et s'installèrent notamment au 169 rue Saint-Jacques, siège actuel de la Bibliothèque de Port-Royal. Malheureusement, à cause d'erreurs de gestion du dernier supérieur, elles finirent par péricliter et disparurent dans les années 1860. Leurs immeubles et biens revinrent alors à la Société de Port-Royal. 

 

un bon-point pour les bons élèves

L'histoire des frères tabourins est bien connue, notamment grâce au manuscrit Grivel, gros pense-bête de 1200 pages qui se trouve à la bibliothèque de Port-Royal. Ce manuscrit a été édité par Monique Cottret, Valérie Guittienne-Mürger et Fabien Vandermarcq en mars 2013 aux éditions Nolin.

Lien externe

Charles Tabourin (notice sur Wikipedia)

 

 

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Dernière actualisation de la page : 2 janvier 2018

                                                                                                                                                               

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